s'apaise ou gronde, <br />Elle est toujours riche et profonde. <br />C'est là son charme et son secret. <br /><br />Cette voix, qui perle et qui filtre <br />Dans mon fonds le plus ténébreux, <br />Me remplit comme un vers nombreux <br />Et me réjouit comme un philtre. <br /><br />Elle endort les plus cruels maux <br />Et contient toutes les extases ; <br />Pour dire les plus longues phrases, <br />Elle n'a pas besoin de mots. <br /><br />Non, il n'est pas d'archet qui morde <br />Sur mon coeur, parfait instrument, <br />Et fasse plus royalement <br />Chanter sa plus vibrante corde, <br /><br />Que ta voix, chat mystérieux, <br />Chat séraphique, chat étrange, <br />En qui tout est, comme en un ange, <br />Aussi subtil qu'harmonieux ! <br /><br />II <br /><br />De sa fourrure blonde et brune <br />Sort un parfum si doux, qu'un soir <br />J'en fus embaumé, pour l'avoir <br />Caressée une fois, rien qu'une. <br /><br />C'est l'esprit familier du lieu ; <br />Il juge, il préside, il inspire <br />Toutes choses dans son empire ; <br />Peut-être est-il fée, est-il dieu ? <br /><br />Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime <br />Tirés comme par un aimant <br />Se retournent docilement <br />Et que je regarde en moi-même <br /><br />Je vois avec étonnement <br />Le feu de ses prunelles pâles, <br />Clairs fanaux, vivantes opales, <br />Qui me contemplent fixement.
