Voyage aux frontières orientales de l’Europe, entre la Lituanie, pays membre de l’UE, et le Bélarus, dernière dictature d’Europe. Mais à vrai dire, la différence entre les deux villages séparés par cette frontière ne saute pas aux yeux. <br /><br />Avec le partenariat oriental, l’Union européenne veut renforcer ses relations avec ses voisins de l’est. Le besoin se fait cruellement sentir dans les régions frontalières.<br /><br />Stanislav vit à Norviliskes, en Lituanie. Sa tante habite à 400 mètres, à Pitskuny, au Bélarus. Depuis l’adhésion de la Lituanie à l’Union en 2004, il lui faut un visa pour lui rendre visite. L’Europe, Stanislav en est revenu : “Quelles améliorations ? Avant c‘était mieux !” dit-il. “Avant 2004” demande notre envoyée spéciale Natalia Richardson. “Avant 1996, au temps du kolkhoz !” lui répond Stanislav.<br /><br />Ici, le chômage touche jusqu‘à 35% des actifs, deux fois la moyenne nationale. Les fermiers survivent principalement grâce à des aides européennes au rabais. Ceslava Marcinkevic, la maire du village insiste : 200 euros pour un visa d’un an, c’est trop : “Nous nous sommes habitués à la frontière. Nous savons qu’il y a deux Etats distincts et des frontières qui disparaîtront peut-être un jour. Nous les respectons. Mais moi-même et mes administrés pensons qu’il est nécessaire de réduire un peu le prix de ces visas.”<br /><br />La Lituanie et le Bélarus n’ont pas négocié de tarif préférentiel pour les frontaliers. Leokadia Gordievich n’a pas vu son mari depuis qu’il a trouvé du travail au Bélarus il y a cinq ans. Pas seulement à cause du visa : “Il faut toute une journée pour traverser la frontière. On vous fait attendre 6 à 8 heures à la douane, vous le saviez ? Mon mari dit qu’il ne traverse pas parce qu’il ne veut pas faire la queue.”<br /><br />Problème des vivants, la frontière vaut aussi pour les morts avec le cimetière commun aux deux villages, côté lituanien. Vilnius, qui préside actuellement l’Union, a invité Minsk au sommet sur le partenariat oriental, fin novembre. L’occasion, peut-être de trouver des solutions.
