« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, […] ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. » <br />Victor Hugo, Hauteville-House, 1862. <br /> <br /> <br />Ce grand roman épique, caractéristique du romantisme réaliste propre à Hugo, est une fresque sociale dont les multiples personnages et rebondissements semblent a priori peu propices à l’adaptation théâtrale. C’est pourtant le défi relevé par Stéphane Titelein, mu par l’actualité troublante du propos et la puissante modernité de l’écriture hugolienne. <br />Muri pendant plusieurs mois, le projet artistique repose sur des partis pris radicaux : la performance d’un comédien seul en scène pour incarner plusieurs personnages ; un décor minimal et un environnement sonore travaillés pour leur puissance d’évocation ; Une forme adaptable « tout terrain », pour aller au devant des publics ; par-dessus tout, transcendant l’adaptation dramaturgique, l’absolue prééminence du texte.
