Adèle de Paris :<br />“L‘Écosse a-t-elle le droit de devenir indépendante ? Et quelle est la valeur juridique du référendum qu’elle s’apprête à tenir ? “<br /><br />La réponse de Nathalie Duclos, maître de conférences en civilisation britannique à l’Université de Toulouse II :<br />“De façon simple, l‘Écosse a tout-à-fait le droit de devenir indépendante pour deux raisons : premièrement, Londres a toujours reconnu que ce soit de façon implicite ou même récemment de façon très explicite, le droit de l‘Écosse à l’autodétermination parce que le Royaume-Uni se perçoit comme une union volontaire entre nations et aucune nation ne peut être maintenue dans l’union contre son gré. Deuxième raison : Londres a reconnu la légitimité de l‘Écosse à tenir un référendum depuis que les Écossais ont élu en 2011 à la majorité absolue, le principal parti indépendantiste, le SNP.<br />Autre question que soulève Adèle : la légalité du référendum. Cette question a été réglée par Londres et Édimbourg en octobre 2012 avec la signature de l’“Accord d‘Édimbourg”. En vertu de ce texte, Londres transfère à Édimbourg la compétence légale d’organiser ce référendum. Jusque-là, effectivement, seule Londres avait cette compétence légale parce qu’il s’agit d’une question constitutionnelle. Et dans cet accord, Londres s’engage également à respecter les résultats de ce référendum. Donc même si le oui l’emportait, les résultats ne seraient contestables ni au plan juridique, ni au plan politique puisque Londres s’est engagé à les respecter.<br />En cela, le cas écossais diffère assez nettement de la consultation que les Catalans veulent organiser quelques semaines plus tard et dont ni la légitimité, ni la légalité n’est reconnue par Madrid.”<br /><br />Si vous voulez vous aussi poser une question dans U talk, veuillez cliquer sur le bouton ci-dessous.