Cette mère d'un garçon, enceinte d'un deuxième enfant, a livré, samedi, un témoignage émouvant sur le plateau de France 2. <br /> <br />Le 13 novembre 2015, Aurélie a perdu son mari, Mathieu, tué au Bataclan. Trois mois plus tard, sur le plateau de "Thé ou Café", sur France 2, elle raconte comment elle fait face à cette épreuve avec son fils de 3 ans et comment elle se prépare à la naissance de sa fille, prévue en mars. "On est debout, on continue et on y va vraiment", scande-t-elle avec optimisme. "J'essaye d'emmener mon fils dans quelque chose de très positif", assure-t-elle. <br /> <br />Avec l'arrivée prochaine de son deuxième enfant, "c'est une page blanche qui s'ouvre dans un livre qui aurait pu être écrit par Mathieu, c'est très beau", dit-elle. Pour son fils, "c'est formidable d'avoir quelqu'un avec qui parler de son papa, quelqu'un qui n'aura pas le manque qu'on a nous, mais qui aura besoin d'en entendre parler. On va tricoter quelque chose d'assez joli, je pense, tous les trois." <br /> <br />"Mon fils sait très bien ce qu'est la mort" <br /> <br />Revenant sur la nuit du 13 novembre, Aurélie, qui ne se trouvait pas au concert, raconte comment elle a, pendant plusieurs heures, cherché les mots pour annoncer à son fils la mort de Mathieu. A 5 heures, le samedi, elle a pourtant reçu un étrange appel, "sans doute de la police", lui indiquant que son mari était en vie et indemne. C'est finalement le samedi soir, après une longue attente, qu'Aurélie a bien eu la confirmation de la mort de son mari. <br /> <br />En apprenant la mort de son père, le garçon de 3 ans "a hurlé pendant une demi-heure", raconte Aurélie. "Il sait très bien ce qu'est la mort. Il est passionné par les dinosaures, il sait que les dinosaures sont morts et qu'on ne les reverra plus jamais." <br /> <br />"Une montagne à gravir chaque jour" <br /> <br />"Depuis le 13 novembre, on a, en moyenne, une montagne à gravir chaque jour, poursuit la mère de famille. Je pleure l'homme de ma vie, mon fils pleure son père. Ce sont deux deuils différents. Il faut qu'on échange, qu'on s'aide." <br /> <br />Aurélie raconte que, moins de 48 heures après avoir appris la mort de son époux, elle s'est rendue à la maternité, où elle a demandé une échographie. "Je l'ai regardée et je me suis dit : 'C'est la vie, c'est encore Mathieu, reste debout'."
