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Indonésie: le gouverneur de Jakarta poursuivi pour blasphème

2016-12-27 66 Dailymotion

Le gouverneur de Jakarta sera donc bien jugé pour blasphème.<br />Son appel a été rejeté mardi. Actuellement en campagne pour sa réélection à la tête de la province de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, avait lors d’un discours affirmé que le Coran n’interdit pas à ses fidèles d‘élire un dirigeant non-musulman. <br /><br /> Une interprétation religieuse qui a suscité la colère des oulémas (théologiens musulmans) conservateurs en Indonésie. Quinze jours plus tard, début décembre, il était déjà entendu par un tribunal pour une première audience.<br /><br /> Court rejects Ahok’s exception https://t.co/7zadUfMqOV #jakpost— The Jakarta Post (@jakpost) 27 décembre 2016<br /> <br /><br /> Une rapidité qui illustre à quel point le sujet est sensible dans ce pays de plus de 250 millions d’habitants qui compte près de 90% de musulmans, ce qui en fait le plus grand pays musulman au monde.<br /><br /> Depuis 1965, une loi permet d’inculper pour blasphème toute personne ayant insulté une des six religions reconnues officiellement.<br /><br /> En 2012, un homme avait été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir écrit sur Facebook que Dieu n’existe pas.<br /><br /> L‘élection en février du gouverneur de Jakarta — la capitale politique et financière de l’Indonésie — est considérée comme un tremplin pour le scrutin présidentiel.<br />La campagne électorale, dans laquelle cette affaire de blasphème est omniprésente, est marquée par une lutte entre les partis politiques les plus influents du pays.<br /><br /> Ahok fait face à deux opposants musulmans: Agus Harimurti Yudhoyono le fils de l’ancien président Susilo Bambang Yudhoyono et Anies Baswedan, un ancien ministre de l’Education soutenu par Prabowo Subianto, ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2014 face à Joko Widodo.<br /><br /> La compétition entre les trois candidats est interprétée par des observateurs comme une lutte entre Yudhoyono, Subianto et Widodo — allié de Purnama —, en vue de la prochaine présidentielle en 2019. <br /><br /> Autre acteur majeur, le Front des défenseurs de l’islam (FPI), organisation à la ligne dure se présentant comme un chantre de l’ordre moral très active dans les manifestations contre Ahok.<br /><br /> Le FPI et d’autres groupes islamistes ont promis de maintenir la pression jusqu‘à ce que Purnama soit jugé.<br />En revanche, des ONG de défense des droits de l’homme ont appelé à classer l’affaire, estimant qu’elle contribuait à éroder davantage la réputation de pluralisme de l’Indonésie.<br /><br /> Le président indonésien et la police ont émis l’espoir que cette affaire s’achève rapidement.<br />

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