Tes cheveux sont-ils encore plus longs que notre vie <br /><br /> (Omrina) et les arbres des nuages qui te tendent le ciel <br /><br /> pour se maintenir en vie ? (Lyahya) <br /><br /> Enfante-moi, pour que je boive à ton sein le lait <br /><br /> du Pays (Elbiladi), que je reste enfant dans tes bras <br /><br /> jusqu'à la fin des temps (abdi l'abidine). <br /><br /> J'ai beaucoup vu ô mère, beaucoup vu (Raâytou). <br /><br /> Enfante-moi pour que je reste sur tes paumes <br /><br /> (Rahatayki). Chantes-tu et pleures-tu toujours <br /><br /> pour rien quand tu m'aimes (Lachayë). <br /><br /> Mère : j'ai égaré mes mains sur les hanches d'Ube <br /><br /> femme chimérique (Sarabin). <br /><br /> J'étreins le sable, j'étreins l'ombre (Dilla). <br /><br /> Puis-je revenir à toi, puis-je revenir à moi (ILaya) ? <br /><br /> Ta mère a une mère ; les figuiers du jardin <br /><br /> ont des nuages (Raymoun), <br /><br /> alors, ne me laisse pas seul, errant (Charidan), <br /><br /> je veux tes mains pour porter mon cœur (Kalbi). <br /><br /> Je me languis du pain de ta voix, mère (Oummi) ! <br /><br /> Je me languis de tout. Je me languis de toi. <br /><br /> Je me languis de moi. <br /><br />************************************ <br /><br />De Mahmoud Darwich
