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Au procès Méric, le skinhead et "l'injustice".

2018-09-05 1 Dailymotion

Au procès Méric, le skinhead et "l'injustice".<br /><br />L'ex-skinhead Samuel Dufour, jugé à Paris pour des coups mortels contre Clément Méric, a fait part mercredi de son sentiment d'injustice après un an de détention provisoire et alors qu'il affirme n'avoir "jamais frappé" le militant antifasciste.<br /><br />Colère rentrée et posture défensive, le jeune homme de 25 ans assume son "nationalisme" - "C'est pour ça que j'ai une croix celtique" -, la fréquentation du bar de Serge Ayoub, l'ex-chef des skinheads parisiens d'extrême droite, le port d'un couteau - "en cas d'agression" - ou l'achat d'un poing américain - "plus pour se défendre".<br /><br />Mais il ne comprend pas ce qu'il fait là. Accusé avec Esteban Morillo de coups mortels avec arme et en réunion, il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. <br /><br />Interpellé le lendemain de la mort de Clément Méric, 18 ans, tombé sur le pavé parisien lors d'une rixe entre "skins" et "antifas" le 5 juin 2013, Morillo avait reconnu deux coups portés au jeune homme. Dufour, lui, s'était "rendu à la police" pour donner sa version des faits. Et avait été incarcéré pour sa participation aux violences.<br /><br />"La détention, j'ai vécu ça comme une injustice. Moi j'ai jamais frappé Méric", a-t-il déclaré.<br /><br />En prison, "ça ne se passe pas bien": ostracisé par les autres détenus, il est exclu de la salle de sports. "Les autres ne voulaient pas de moi. Ils l'ont dit au surveillant. Ca a finit en bagarre. J'ai passé 10 mois à l'isolement".<br /><br />Sans jamais entrer dans les détails, il assume, plus que les autres, son appartenance à la mouvance d'extrême droite. "Dans la famille, on est patriote", a-t-il dit. Ce que vient confirmer son père à l'audience: "J'ai élevé mes enfants à droite", "le plus droit possible".<br /><br />Ses blagues sur "les nègres" ou "les PD" lui ont parfois valu des ennuis dans son travail d'apprenti boulanger. Un humour que "vous ne pouvez pas comprendre" a-t-il dit à la présidente. <br /><br />Désormais boulanger à Rouen, il invoque une "ambiance particulière" propre à ce métier: "C'est spécial la boulangerie. Avec mon collègue, on aime bien se pincer les tétons".<br /><br />S'il ne voit plus les copains du Local, le bar de Serge Ayoub, c'est qu'il vit désormais en Normandie, et qu'il "a interdiction de les voir". Mais a-t-il pris du recul depuis cette époque? "J'ai vécu ça comme une injustice. J'étais surtout en colère", a-t-il éludé. <br /><br />Depuis, il a refait sa vie, mais n'a pas assez d'argent pour faire enlever ses tatouages, "comme a fait Morillo".

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