Jean-Marie ne récite pas le poème en entier. Voici le texte intégral disponible dans Les poèmes de Fresnes aux éditions Godefroy de Bouillon. <br /><br />Qu’importe aux enfants du hasard <br />Le verrou qu’on tire sur eux : <br />Noël n’est pas pour les veinards, <br />Noël est pour les malchanceux. <br />Voici la nuit : il n’est pas tard. <br />Mais la cloche tinte pour eux. <br /><br />Bon Noël des garçons en taule, <br />Noël des durs et des filous, <br />Ceux dont la vie ne fut pas drôle, <br />La fille que bat le marlou, <br />Le gars qui suivait mal l’école, <br />Ils te connaissent comme nous. <br /><br />Noël derrière les barreaux, <br />Noël sans arbre et sans bonhomme, <br />Noël sans feu et sans cadeaux, <br />C’est celui des lieux où nous sommes, <br />Où d’autres ont joué leur peau, <br />Sur la paille dormi leur somme. <br /><br />Les chefs qui lâchent leurs garçons, <br />Ceux qui s’enfuient, ceux qui sont riches, <br />Boivent sec dans leurs réveillons <br />De la Bavière ou de l’Autriche, <br />Mais nous autres dans nos prisons, <br />Nous sommes contre ceux qui trichent. <br /><br />Je t’adopte, Noël d’ici, <br />Bon Noël des mauvaises passes : <br />Tu es le Noël des proscrits, <br />De ceux qui rient dans les disgrâces, <br />Des pauvres bougres qu’on trahit, <br />Et des enfants de bonne race. <br /><br />Nous savons qu’au dehors, ce soir, <br />Les amis et les coeurs fidèles, <br />Les enfants ouvrant dans le noir, <br />Malgré le sommeil, leurs prunelles, <br />Évoquent l’heure du revoir <br />Et tendent leurs mains fraternelles. <br /><br />Et pour revoir, gens du dehors, <br />Le vrai Noël de nos enfances, <br />Il suffit de fermer encor <br />Nos yeux sur l’ombre de l’absence, <br />Pour dissiper le mauvais sort <br />Et faire flamber l’espérance.
