Bien installés sur leur podium depuis la 3e journée, les Olympiens ont pris l'habitude de redistribuer aux plus modestes leur pécule accumulé au prix d'un travail acharné depuis le mois d'août. Avec eux, le week-end pascal (les chocolats, le gigot d'agneau et la salade éponyme en moins) ou Halloween et la résurrection des morts, c'est plus souvent que le calendrier ne le suggère. Auxerre n'avait pas gagné de la saison à l'extérieur ? 3-1 au Vélodrome. Au retour, l'AJA restait sur 11 rencontres sans victoire ? 3-0 à l'Abbé-Deschamps. Lens enchaînait les défaites (4 de suite) ? Hold-up 1-0 à Marseille. Reims fonçait vers la Ligue 2 à cause d'une épouvantable série de 4 mois et 19 jours sans succès ? Triomphe romain à Auguste-Delaune, 3-1.<br />Mais comme toutes les mauvaises choses ont une fin, il serait temps que cette fâcheuse tendance à donner de la confiance à un adversaire qui en manque cesse, dès ce samedi soir contre Montpellier, 10 défaites de rang, pour un seul but marqué. Si l'OM avait la marge suffisante pour offrir des points pendant six mois, ce n'est plus le cas depuis la nouvelle claque à Monaco, neuvième déroute du championnat, la cinquième en sept matches. Comme face à Toulouse il y a deux semaines (3-2), le succès est donc obligatoire, si possible avec la manière, car comment pourrait-on sérieusement envisager faire bonne figure le mardi et mercredi la saison prochaine contre le gratin européen si l'on galère contre la pire équipe de Ligue 1 ?<br />"On a, je crois, le potentiel pour gagner contre Montpellier, euphémisait Roberto De Zerbi, et pour revenir, soit à la 2e place, soit creuser l'écart avec des poursuivants (Monaco et Strasbourg s'affrontent ce samedi à 19h). Si l'on prend les matches isolément, je pense que sur le papier, on peut remporter les cinq derniers. Mais il faut gagner sur le terrain, pas sur le papier, pas avec des mots."<br />En entrant sur la pelouse, sous les coups de 21h05, devant des supporters qui verront surgir les quasi-condamnés Montpelliérains mais rêveront d'hymne de Ligue des champions, les équipiers d'Adrien Rabiot sauront s'ils jouent pour reprendre leur rang de dauphin occupé si longtemps, pour larguer d'étonnants Strasbourgeois, ou les deux en cas de nul entre l'ASM et le Racing.<br />Interrogé à plusieurs reprises sur d'éventuelles raisons purement footballistiques à la mauvaise passe olympienne, De Zerbi a d'ailleurs botté en touche : "Je suis fou de tactique, mais ce n'est pas le problème aujourd'hui. La tactique ne vaut rien sans l'esprit, le cœur et les cou.... Peut-être que ce dernier mot n'a pas été bien traduit ?" Si, comme il y a trois semaines, quand il avait évoqué les attributs masculins de ses joueurs, avant de se déplacer à Reims, où l'OM avait autant péché par manque de caractère que d'idées.
