En France, plus de 3,5 millions de personnes souffrent de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), une maladie respiratoire chronique souvent liée au tabac, qui se manifeste par une obstruction des bronches. Outre les difficultés respiratoires en journée, la BPCO perturbe aussi le sommeil des patients. Pourquoi et comment agir ? Le Dr Gilles Jebrak fait le point.<br /><br />Un sommeil fragilisé par des bronches encombrées<br /><br />Chez les patients atteints de BPCO, les bronches sont obstruées par des sécrétions, resserrées et moins toniques, ce qui complique l’entrée de l’air dans les poumons. « Ces phénomènes respiratoires s’aggravent la nuit », explique le Dr Jebrak. Résultat : un sommeil plus léger, moins profond, donc moins réparateur.<br /><br />À cela s’ajoutent d’autres facteurs aggravants : la sédentarité fréquente chez les patients, le surpoids, et parfois l’apnée du sommeil. « Ce sont autant d’éléments qui détériorent davantage la qualité du sommeil », précise-t-il.<br /><br />Adopter une bonne hygiène de vie pour mieux dormir<br /><br />Heureusement, des solutions existent. Le premier réflexe à adopter est une hygiène de vie adaptée : surveiller son poids, éviter le tabac, l’alcool et les somnifères qui altèrent la vigilance ou irritent les bronches. La pratique d’une activité physique régulière est essentielle pour maintenir les rythmes biologiques, faciliter l’endormissement et améliorer la respiration.<br /><br />Le Dr Jebrak rappelle aussi l’importance de suivre scrupuleusement les traitements inhalés. Ces médicaments permettent de lutter contre l’inflammation et d’ouvrir les bronches, facilitant ainsi la respiration nocturne. En cas d’apnée du sommeil, un appareil de ventilation à pression positive continue peut être proposé.<br /><br />Un sommeil de meilleure qualité, un quotidien amélioré<br /><br />Bien dormir quand on souffre de BPCO, ce n’est pas seulement une question de confort : c’est un enjeu de santé. Un sommeil plus réparateur améliore la qualité de vie, diminue la fatigue chronique et pourrait même, selon le Dr Jebrak, contribuer à une meilleure survie à long terme.