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Tebboune rétablit le couplet anti-France de l’hymne algérien : un geste qui choque Paris

2025-09-30 2 Dailymotion

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a officiellement réintroduit un couplet oublié de l’hymne national algérien « Qassaman », et ce choix fait déjà polémique. Ce troisième couplet, écrit en pleine guerre d’indépendance par le poète Moufdi Zakaria, s’adresse directement à la France avec des mots forts : « Ô France ! Le temps des palabres est révolu… Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes ». Il s’agit d’un cas unique au monde : aucun autre hymne national ne cite explicitement un pays étranger de manière aussi frontale. Cette décision n’est pas un simple détail protocolaire mais un geste politique lourd de sens. Car depuis 1986, sous le président Chadli Bendjedid, ce couplet n’était plus chanté dans les cérémonies officielles afin d’éviter d’alimenter les tensions diplomatiques. Abdelaziz Bouteflika avait poursuivi cette pratique en privilégiant une version abrégée. Pourtant, la révision constitutionnelle de 2008 avait déjà rendu tous les couplets « immuables » et inscrits dans l’hymne national algérien. Avec son décret de mai 2023, Abdelmadjid Tebboune met donc fin aux demi-mesures : lors des commémorations officielles, notamment en présence du chef de l’État, l’hymne doit désormais être entonné dans son intégralité, y compris ce passage dirigé contre l’ancienne puissance coloniale. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Du côté algérien, beaucoup saluent une affirmation de souveraineté et une fidélité à la mémoire des martyrs tombés entre 1954 et 1962. Pour eux, chanter ce couplet, c’est rappeler que l’indépendance s’est arrachée dans le sang et que la colonisation ne peut être effacée des mémoires. Du côté français, en revanche, cette réintroduction est jugée « à contretemps ». Paris estime que ce choix complique les tentatives de rapprochement et de coopération, notamment sur les dossiers sensibles de l’énergie, de la sécurité et de la migration. Certains observateurs y voient une provocation diplomatique, voire une volonté de relancer une rhétorique anticoloniale au moment où l’Algérie traverse des tensions politiques et sociales internes. Ce retour du couplet anti-français illustre en réalité une fracture plus large : plus de soixante ans après l’indépendance, le passé colonial continue de peser lourdement dans les relations entre la France et l’Algérie. Pour Alger, rappeler ce couplet, c’est réaffirmer une identité nationale forgée dans la lutte. Pour Paris, c’est un rappel douloureux qui empêche de tourner la page. Au-delà des débats politiques, cette décision de Tebboune démontre combien les symboles ont une portée considérable. L’hymne national, loin d’être un simple chant, devient un outil de mémoire et un instrument diplomatique, capable de raviver des blessures historiques et d’influencer les rapports entre États. Cette affaire montre que le passé n’est jamais totalement derrière nous et que la mémoire reste un champ de bataille décisif dans la politique contemporaine. #Algérie #France #Tebboune #Qass

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