Sacré Habib Beye. Doué du don d’ubiquité. L’art d’être à deux endroits en un instant. Barbe finement taillée, lunettes posées sur le nez, l’élégant quadra (48 ans) dissertait hier au pupitre de La Commanderie. À deux pas, sur sa gauche, le voici maintenant cramponné, en blanc du maillot aux souliers, bien plus jeune, tourné vers ce splendide virage Sud, repeint aux couleurs de Marseille et la Provence. En ce 6 mai 2004, escorté par son pote Didier Drogba et son numéro 23, le fringant vingtenaire allait livrer une bataille épique avec la légende Alan Shaerer (nous y reviendrons), en demi-finale de coupe UEFA.<br />Exception faite de l'opération commerciale vantant le maillot collector des 125 ans, une immense photo de famille mêlant gloires impérissables (Skoblar, Niang, Papin, Caminiti) et oubliables contemporains (Murillo, Luis Henrique...), seuls les plus grands, ou emblématiques, ont l'honneur d'habiller la salle de presse du centre Robert-Louis-Dreyfus. Waddle, Boli, Lucho, Heinze, Völler, Deschamps, Ravanelli, Papin, Valbuena, Cheyrou... et donc, de dos à l'entrée des équipes, l'inséparable duo de la mythique saison 2003-04, Drogba-Beye.<br />Au cas où une personne, perdue sur la planète Mars, ne l'avait pas encore compris... 18 ans et six mois plus tard, Habib Beye est de retour chez lui. Au pied de la Bonne Mère, sous le regard du Vel', auprès de son club de cœur, qu'il rêvait d'entraîner. C'était écrit ! Les témoins de sa première vie à l'OM en sont persuadé. Après avoir fidèlement défendu ces couleurs (174 fois entre 2003-07), porté fièrement le brassard, tant de fois souri mais aussi pleuré ces trois finales envolées, le Franco-sénégalais allait boucler la boucle. Venir au chevet de son équipe, redresser la barre et, tous l'espèrent, réussir là où il a jadis échoué. Ramener la coupe sur le Vieux-Port, marcher dans les pas de Didier Deschamps, le dernier couronné et autre ancien joueur devenu entraîneur de l'OM (phénomène plutôt rare au XXIe siècle*).<br />Si l'intéressé préfère "laisser le passé au passé", et "s'interdire" d'être bercé "par les émotions", d'autres, à l'aube de son grand retour, préfèrent braver ces consignes. Avec grand plaisir
