Un journaliste d'Ici Pays basque a été agressé hier soir en plein direct par des supporteurs du Stade Aurillacois visiblement mécontents de son enthousiasme après la défaite de leur club face au Biarritz Olympique, a indiqué la radio samedi. Le journaliste Thomas Palmier, qui commentait ce match de Pro D2 de rugby au stade Jean-Alric d'Aurillac, "a été frappé à au moins deux reprises à la fin du match par les supporters derrière", a expliqué à l'AFP Ttotte Darguy, directeur d'Ici Pays basque. Il compte déposer plainte, selon M. Darguy.<br /><br />Dans un extrait audio de son direct, on entend le journaliste s'exclamer, quelques secondes après un essai biarrot signant la fin du match: "Le BO l'a fait! Quel match! (...) Tu veux me frapper? Mais arrêtez, assieds-toi, laisse-moi bosser. (...) Rentrez chez vous, à me frapper comme ça". Dans un communiqué, la direction du réseau ICI et de ICI Pays Basque ont condamné "fermement ces attaques intolérables" à l'encontre du journaliste "violemment agressé".<br /><br />La PDG de Radio France, Sibyle Veil, s'est, elle, inquiétée du "rythme inquiétant" des agressions de journalistes et a appelé "à une prise de conscience générale". "On ne peut plus continuer comme ça", a-t-elle estimé dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.<br /><br />Selon le groupe public, l'incident vendredi soir porte à cinq le nombre d'agressions subies par des journalistes du réseau ICI depuis janvier.<br /><br />"Dans quelle société vivrons-nous demain si plus personne n'ose aller sur le terrain pour voir et raconter la réalité ? À l'heure où les fausses informations se déploient, irons-nous mieux si plus personne ne va les vérifier ? Si plus personne ne vient tendre un micro à ceux qu'on n'entend jamais ?", s'est interrogée Mme Veil.<br /><br />La Ligue nationale de rugby (LNR) a également condamné samedi "avec la plus grande fermeté" l'agression du journaliste d'Ici Pays Basque , dénonçant des "faits inadmissibles".<br /><br />"La LNR engage une enquête afin de faire toute la lumière sur cet incident et d'y donner les suites appropriées", a-t-elle souligné dans son communiqué.<br /><br />Vendredi soir, le Stade Aurillacois avait lui aussi rapidement apporté son soutien au journaliste agressé, promettant sur X de "faire ce qu'on peut pour identifier les coupables".
