LINA <br /> <br />Un petit bout de femme, partie secourir <br />comme d’autres, un pays ravagé <br />sans savoir vraiment où elle allait partir <br />parce que son cœur lui disait d’aller <br />là où la souffrance se lit sur le visage <br />des peuples opprimés et parfois décimés, <br />qui n’ont que la force d’être sages. <br />Elle, sa force, elle la tient de sa conscience <br />De sa foi, les deux peut-être en connivence. <br /> <br />Pour aider au prix des années de sa jeunesse <br />Des proches et de son pays qu’elle quitte <br />Surmonter les instants de faiblesse <br />Le doute et la douleur qui l’assaillent si vite <br />Quand après tant d’efforts, il ne lui reste que le linceul <br />A couvrir sur le corps d’un enfant sans vie <br />Et entendre les pleurs d’une mère restée seule <br />Elle sait que cette expérience la laissera meurtrie. <br /> <br />Ne lui parler pas de pitié, elle vous dira que ces gens-là <br />Dans leur malheur et leur misère, n’en ont pas besoin <br />Une moisson épargnée, de l’eau, il suffira <br />Et vivre en paix comme seul appoint. <br />Elle est venue avec ses certitudes et des espérances <br />Elle repartira retrouver les siens, grandie mais déçue <br />Que son courage à lui seul n’ait pas vaincu la souffrance <br />Lina, tu oublies, que ces gens-là ne te diront jamais assez merci d’être venue.
