Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse, <br /> Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer, <br /> Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse, <br /> Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer; <br /><br />5 Léonard de Vinci, miroir profond et sombre, <br /> Où des anges charmants, avec un doux souris <br /> Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre <br /> Des glaciers et des pins qui ferment leur pays; <br /><br /> Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures, <br />10 Et d'un grand crucifix décoré seulement, <br /> Où la prière en pleurs s'exhale des ordures, <br /> Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement; <br /><br /> Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules <br /> Se mêler à des Christs, et se lever tout droits <br />15 Des fantômes puissants qui dans les crépuscules <br /> Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts;
