Je trouve que c'est une bonne chose qu'une musique de film puisse vivre en dehors du grand écran et quand elle est bien écrite et suffisamment prenante c'est tout à fait possible : Je vous propose ici au piano les principaux thèmes de la BO d'un des classiques du 7ème art : Vertigo (sueurs froides) de Hitchcock d'après une nouvelle de Boileau et Narcejac « D'entre les morts », un des films qui me fascine le plus et que je ne me lasse pas de voir et revoir ! Tout est parfait : la mise en scène, le jeu époustouflant des acteurs James Stewart et Kim Novak et puis le décor magique de San Francisco Un film qui n'a pas eu un grand succès à sa sortie mais qui actuellement est considéré à juste titre comme un classique du 7ème art qui a inspiré des générations de réalisateurs depuis <br />La musique est signée Bernard Herrmann: compositeur auquel on doit les Bo des plus célèbres films du réalisateur jusqu'à leur rupture à la fin des années 60 dans "le rideau déchiré" à cause de leur fort tempérament respectif Une musique qui a certainement son rôle à jouer dans la fascination que peut exercer ce film <br /><br />Tout d'abord le célèbre prélude qui installe tout de suite avec ses répétitions de motifs entrecoupés d'accords dissonants dans une situation de peur, d'angoisse, exprimant l'acrophobie du personnage de Scottie : sa tendance au vertige mais aussi son obsession pour cette femme Madeleine incarnée par Kim Novak <br />Basé avant tout sur le thème de l'obsession et de la culpabilité, « Vertigo » est sans doute le film le plus personnel d'Hithcock puisqu'il y révèle sa propre obsession pour un certain type de femmes : ces blondes hitchcockiennes « beautés subtiles et nordiques » selon ses propres mots qu'il a tant mis en valeur au cinéma de Grace Kelly à Kim Novak en passant par Tippi Hedren... <br /><br />Madeleine est un thème court mais très présent que l'on peut entendre à chaque apparition de Kim Novak et ce dès la scène au restaurant chez "Ernie's" ou elle apparaît à Scottie (James Stewart) pour la première fois Thème romantique très expressif, il évoque la beauté de Madeleine et les sentiments que Scottie (James Stewart) va peu à peu ressentir pour elle <br />Et puis son pendant totalement opposé : le glacial « carlotta's portrait » qui correspond à la scène ou Scotty suit Madeleine qu'il est chargé de surveiller par son ami d'enfance qui n'est autre que le mari de cette dernière Cela le mène jusqu'au « musée de la légion d'honneur »: Madeleine semble obsédée par son ancêtre Carlotta Valdes et reste le regard figé sur son portrait <br /> C'est une musique envoutante qui nous plonge totalement dans une atmosphère de mystère L'immobilité de Madeleine devant le portrait est très bien appuyée par cette musique: par l'ostinato (un même motif rythmique obsédant se répète inlassablement) mais aussi par la nuance pp (très doux) sans expression et puis le tempo imperturbable <br /><br />Et enfin,un des passages les plus célèbres du film : la très longue scéne d'amour entre James Stewart et Kim Novak quand Scottie transforme Judy à l'image de Madeleine et qu'elle lui apparaît comme un fantome après avoir fait une dernière transformation à sa coiffure <br />La musique qui accompagne cette scène est inspirée de Tristan et Iseult de Wagner, plus précisément du liebestod « la mort d'Isolde » (on y retrouve des harmonies assez proches) <br /><br />J'ajoute que si « Madeleine et carlotta's portrait » est une transcription personnelle pour le prélude la transcription excellente est de « Aemiolia » Et pour la love scene, <br />je me suis servi d'une base existant dans un receuil (The joy of movie music) Mais seule une petite partie étant transcrite je l'ai complétée
